TOGO/La violence syndicale: Quand des syndicalistes visent des finalités politiques, il y a péril en la demeure.

Le bras de fer qui se poursuit entre la STT et le Gouvernement avec son cortège de dérives et de violences ne se justifie guère.

Nous avons toujours écrit dans nos colonnes que nous condamnons la violence sous toutes ses formes, d’où qu’elle vienne, parce que rien ne se bâtit dans la violence. La violence est un couteau à double tranchant. Il faut savoir le manipuler. En fait, nous ne condamnons pas le fait que des syndicalistes se mettent en grève pour obtenir l’amélioration de leurs conditions de vie et de travail. Mais ils doivent le faire dans le respect des règles syndicales.

stt-01-mai_2013-10En revanche, nous n’approuvons pas la violence qui, manifestement, s’organise sous le couvert des mots d’ordre donné en catimini, parce que notre pays a trop souffert de la violence et de ses conséquences néfastes. Nous dénonçons surtout l’instrumentalisation des élèves naïfs dans ce jeu de quitte ou double dont les responsables de la STT raffolent.

Depuis quelques temps, une évidence s’impose clans notre pays. Les politiques sont incapables de mobiliser massivement les populations parce que les Togolais sont atteints de lassitude face au galvaudage de tous les atouts dont ils disposaient pour susciter l’engouement populaire et pour défendre leur cause qui, souvent, n’est pas expliquée. La mobilisation populaire a été abusivement utilisée si bien que les politiciens ont perdu toute crédibilité aux yeux de l’opinion. On a compris que ceux qui suivent les mots d’ordre de la STT veulent se servir de la naïveté de leurs élèves pour atteindre leur propre objectif qui est d’obtenir des augmentations de salaires tout en réglant leur compte au pouvoir qu’ils vomissent. Ces enseignants oublient qu’ils ont eu, en leur temps, des enseignants plus mal lotis qui ne se sont pas servis d’eux comme ils le font actuellement au mépris de toute décence.

Nous avons déjà écrit qu’il existe une connivence entre la STT et les politiciens. C’est simplement malsain parce que le syndicalisme est régi par des règles précises. Et éventuellement, en cas de malentendu, on peut s’adresser à des organisations panafricaines ou internationales pour trancher et savoir qui a tort et qui a raison. L’intransigeance de la STT cache mal la détermination de ses responsables de déstabiliser le pouvoir à une période sensible. Mais, nous croyons qu’ils se trompent. Nous en avons vu d’autres et nous savons que ces genres de comportements se retournent toujours contre leurs auteurs. Certes, le Gouvernement n’est pas à disculper. En effet, depuis que le Gouvernement a initié, il y a de nombreuses années, le dialogue social, si tout s’était déroulé dans les règles de l’art, on n’en serait pas à déplorer la violence organisée à laquelle nous assistons. Les représentants du Gouvernement à ces rencontres ont fait preuve systématiquement de dilatoire et de mauvaise foi en faisant des promesses non tenues c’est-à-dire qu’ils prennent des engagements qu’ils refusent ensuite de respecter.

C’est tout simplement irresponsable et exaspérant et désespérant. Ainsi, ils ont laissé la situation se détériorer jetant au passage le discrédit sur les grandes centrales syndicales qui, aux yeux de leurs bases, ne représentaient que leur propre ombre. Conclusion, c’est le Gouvernement qui a donc prêté le flanc et qui a créé la situation actuelle. Cette situation a permis l’émergence et l’audience rapide de la STT parce que la nature a horreur du vide. Le terrain syndical était vide. Et la STT s’y est engouffrée et se croyant en position de force fait de la surenchère. La grève est une arme susceptible de s’émousser. Il ne faut jamais l’oublier. Il est inadmissible qu’à cause des intérêts de près de 50.000 fonctionnaires, l’avenir des millions d’élèves soit sacrifié. Les deux parties doivent absolument trouver un compromis pour permettre aux uns et aux autres de sauver la face et, par ricochet, sauvegarder l’avenir de nos enfants. Faute de le comprendre, nous nous ferons hara-kiri sans nous en rendre compte.

La suite risque d’être douloureuse. Pour nous les journalistes, nous avons le devoir de tirer la sonnette d’alarme parce que nous voulons que tout se fasse dans la paix et la sérénité. Quoiqu’on pense, les travailleurs de l’Administration sont régulièrement payés. Ils ne sont donc pas sevrés de leurs salaires pour agir hors la loi. Ils demandent des améliorations, c’est leur droit ; cependant, il leur appartient de faire preuve de réalisme et de savoir où ils vont pour ne pas tomber dans le piège des politiques parce que sur ce terrain, il y a la ligne rouge à ne pas franchir. Et quand cette limite sera atteinte, ils comprendront qu’il ne faut jamais confondre vitesse et précipitation.

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