Poutine lève l’interdiction de livrer des missiles de défense à l’Iran

© Des antimissiles S 300, dans les rues de Moscou, lors d’un entrainement pour un défilé militaire, en mai 2009.

Vladimir Poutine a donné lundi son feu vert à la fourniture à l’Iran de systèmes de défense antimissile S-300. Le président russe a ainsi levé l’interdiction qui pesait sur une livraison russe depuis cinq ans.

Réaction du Pentagone aux Etats-Unis : « notre opposition est connue, ces ventes n’aident en rien ». En Israël aussi, les autorités ont vivement réagi.

La suspension de la livraison des S-300 avait été décidée en septembre 2010 par le président russe Dmitri Medvedev.

La commande de 800 millions de dollars avait été signée en 2007. La décision du prédécesseur de Vladimir Poutine avait été prise en application de la résolution 1929 de l’ONU sanctionnant Téhéran pour son programme nucléaire controversé.

Aujourd’hui, le ministre russe des Affaires étrangères Sergueï Lavrov estime qu’à l’époque, le Kremlin était allé au-delà de ses obligations et est en droit maintenant de lever cet embargo, rapporte notre correspondante à Moscou, Muriel Pomponne. « Nous sommes convaincus qu’à l’étape actuelle, il n’y a plus besoin de ce genre d’embargo, d’autant plus qu’il s’agissait d’une décision volontaire de la Russie, et qu’il n’y a aucune obligation.

A noter que le S-300 est un missile à caractère uniquement défensif, qui n’est pas adapté pour les attaques, et qui ne met en danger aucun Etat de la région, y compris Israël. » Et Sergueï Lavrov d’ajouter : « Compte tenu de la situation tendue dans la région, comme en témoigne le développement rapide des événements de la semaine dernière au Yémen, les systèmes modernes de défense anti-aérienne sont très importants. »

L’affaire avait envenimé les relations entre Moscou et Téhéran. L’Iran s’était adressé à la Cour internationale d’arbitrage pour réclamer 4 milliards de dollars de dédommagement à la Russie.

Moscou espère donc ainsi apurer le contentieux et renouer de bonnes relations avec la République islamique.

Vive réaction d’Israël

Le ministre israélien des Renseignements Yuval Steinitz est monté en premier au créneau, rapporte notre correspondante à Jérusalem, Murielle Paradon. « Au lieu d’exiger de l’Iran de cesser ses activités terroristes au Moyen-Orient et dans le monde, on lui permet de s’équiper d’un armement moderne », a-t-il dit.

Le ministre dénonce le fait que « la communauté internationale commence à lever ses sanctions contre Téhéran » alors que l’accord définitif sur son programme nucléaire n’est pas encore signé. « L’Iran reçoit la légitimité de continuer ses activités », a ensuite réagi le Premier ministre israélien.

Benyamin Netanyahu estime que l’accord qui doit être définitivement conclu d’ici au 30 juin est « très mauvais » et qu’il met en danger la survie d’Israël.

Celui qui a fait de l’Iran son cheval de bataille prône une « politique de fermeté » à l’égard du régime iranien pour l’empêcher, dit-il, « de se doter de la bombe atomique et pour arrêter son hégémonie sur les autres nations ».

Les cinq membres permanents du Conseil de sécurité et l’Allemagne, les « 5+1 », se sont donnés jusque fin juin pour trouver un accord définitif avec l’Iran sur son programme nucléaire.

Les grandes puissances exigent toutes les garanties que le programme de Téhéran sera seulement civil et non militaire. L’Iran veut la fin de toutes les sanctions qui plombent son économie.

source rfi

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