Grève des enseignants : Les mesures phares du gouvernement pour faire retomber la tension

Fortement  perturbés  depuis plusieurs jours  par   des mouvements de grève des enseignants  qui réclament de meilleures conditions de vie et de travail, les cours ont repris ce lundi matin dans les établissements officiels du primaire  et du secondaire . Pour en arriver là, il a  fallu d‘âpres négociations entre le groupe de travail sur le secteur éducatif  mis en  place par le gouvernement et les syndicats d’enseignants; négociations  qui ont abouti à un accord le vendredi 17 mars  dernier, le gouvernement ayant pris , et ceci dans un  souci d’apaisement,  une batterie de mesures  pour la satisfaction des revendications .

 

@ En ce qui concerne l’intégration des enseignants auxiliaires, le Gouvernement, en application des dispositions du statut général de la fonction publique a délivré jusqu’à ce jour 12 747 actes de nominationavec effet à compter du 1er janvier 2017.

 

@ Pour ce qui est des cotisations ou prélèvements opérés sur le salaire de certains enseignants auxiliaires avant leur intégration dans le cadre des fonctionnaires, une Cellule ad hoc sera mise en place dès ce lundi 20 mars afin de régler définitivement ce problème des enseignants concernés. Elle sera composée de :

 

  • un (01) représentant de la Caisse Nationale de Sécurité Sociale (CNSS),
  • un (01) représentant de la Caisse de Retraite du Togo (CRT),
  • un (01) représentant du ministère de l’économie et des finances,
  • un (01) représentant du ministère des enseignements primaire, secondaire et de la formation professionnelle,
  • un (01) représentant de la Direction de la Gestion Informatisée des Personnels de l’Etat (DGIPE)
  • un (01) représentant du ministère délégué chargé de l’enseignement technique et de la formation professionnelle,

 

@ En ce qui concerne le statut particulier des enseignants, le Gouvernement mettra en place avant la fin de ce mois de mars un Comité de rédaction élargit aux partenaires en développement. Ce statut sera adopté dès la rentrée scolaire 2017-2018. Il permettra de préciser, entre autres, les procédures en matière d’affectation et de mutation des enseignants.

 

@ En ce qui concerne les émoluments des enseignants je puis vous assurer que les enseignants bénéficient d’une attention particulière. Ainsi des mesures incitatives ont toujours été appliquées à ce secteur et continuent d’être améliorées. Par exemple, au sujet de la grille salariale :

 

A diplôme égal le citoyen qui choisit la profession enseignante est recruté et classé dans une catégorie supérieure par rapport à un autre qui est recruté dans l’administration générale. A titre d’illustration, avec le diplôme de maîtrise obtenu la même année dans la même discipline, l’enseignant est surclassé dans la catégorie A1 indice 1300tandis que son collègue de l’administration générale est classé en catégorie A2 indice 1100.

 

Il est utile de rappeler qu’à l’instar des autres fonctionnaires, les enseignants ont bénéficié d’améliorations substantielles de leurs salaires au cours des dix  dernières années, avec en moyenne une augmentation de plus de 70 % pour les enseignants en début de carrière et de plus de 90 % pour leurs aînés en fin de carrière, pour les catégories supérieures .

 

Mieux, pour les catégories inférieures ces améliorations se situent en moyenne entre 130 % en début de carrière et plus de 200 % en fin de carrière.

 

A ce traitement salarial s’ajoutent d’autres avantages spécifiques en faveur des enseignants. Il s’agit d’une part des primes de rentrée et de bibliothèque et de la prime d’incitation à la profession et d’autre part d’un volume horaire très allégé eu égard aux contraintes de la profession.

 

Par ailleurs, alors que dans l’administration générale le volume horaire de l’agent est de 40 heures par semaine à raison de 8 heures par jour, l’enseignant du primaire fait 28 heures par semaine, celui du premier cycle du secondaire (CEG) est théoriquement de 22 heures par semaine et l’enseignant du second cycle du secondaire (lycée) est théoriquement de 18 heures par semaine.

 

Au-delà de tous ces acquis, le Gouvernement reste toujours sensible à l’amélioration des conditions de vie et de travail des enseignants. Pour ce faire, le statut particulier consacrera une revalorisation de la prime d’incitation à la profession enseignante. En conséquence cette prime sera doublée.

 

Mieux dans un esprit d’apaisement et le souci de rétablir immédiatement le calme et la sérénité dans le secteur de l’éducation, la revalorisation que nous venons d’annoncer prendra effet à compter du 1er avril 2017. Cela signifie que les enseignants bénéficieront déjà de cette revalorisation avant même l’adoption du statut particulier.

 

Par ailleurs, conformément à ce qui a été convenu au sein du Cadre Permanent de Concertation (CPC), ainsi qu’aux conclusions du Groupe de travail, le statut particulier consacrera l’instauration d’une prime unique regroupant la prime d’incitation revalorisée et les autres primes existantes, notamment les primes de rentrée et de bibliothèque, payable mensuellement.

 

@ Concernant l’enseignement confessionnel

 

Actuellement, l’Etat apporte un appui à l’enseignement confessionnel. Ainsi,

 

– Une subvention budgétaire permet la prise en charge de « 1045 » enseignants dont le recrutement et la gestion sont assurés par les Eglises catholique et protestante. En outre, 1898 autres enseignants du confessionnel sont directement pris en charge et payés sur le budget de l’Etat.

 

– Face aux préoccupations exprimées par les responsables de l’enseignement confessionnel, notamment dans le cadre du Groupe de travail, le Gouvernement étudiera la possibilité d’une amélioration de la subvention de l’Etat afin de favoriser la revalorisation des émoluments des « 1045 » enseignants à compter de la rentrée scolaire 2017-2018.

 

De plus, l’indemnité forfaitaire de 20 000 FCFA dont jouissent actuellement les 1898 autres enseignants du confessionnel sera intégrée à leurs soldes de base à compter de la rentrée scolaire 2017-2018.

 

– Enfin, le Gouvernement s’attèlera à la mise en place d’une convention visant à réglementer les relations entre l’Etat et les Eglises en matière d’enseignement.

 

Par ailleurs, l’Etat envisage des solutions planifiées à d’autres défis qui touchent le secteur éducatif. Ce sont :

 

  • Le gap des enseignants à combler qui est estimé aujourd’hui 12 893, l’Etat procèdera, à compter de 2017 et ce pour les cinq prochaines années, au recrutement intensif chaque année des enseignants y compris les personnels d’encadrement,
  • Les infrastructures immobilières et mobilières destinées à renforcer la capacité d’accueil et à garantir davantage des environnements éducatifs sûrs, sains et intégrés. A cet effet, des actions ciblées seront renforcées notamment dans le cadre du programme PUDC et des projets Projet d’Appui à la Réforme des Collèges (PAREC) et Projet Education et Renforcement Institutionnel (PERI),

 

  • Le renforcement des équipements, matériels et outils pédagogiques à mettre à la fois à la disposition des apprenants, enseignante et personnels d’encadrement ;

 

  • Le développement des centres de formation préparant à la profession enseignants dans les universités de Kara et de Lomé, le renforcement de l’ENS d’Atakpamé et des ENI. Dans ce cadre, une deuxième ENI sera construite dans la Région des Savanes,

 

  • La revue de la gouvernance du système éducatif, afin de mieux impliquer les collectivités locales, les associations de parents d’élèves et les autres acteurs dans une gestion participative ;

 

  • La création de zones pédagogiques de proximité ayant pour mission de favoriser un déploiement rationnel et une utilisation optimale des personnels enseignants.

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