L’Université de Lomé, le CJD et l’Uongto en guerre contre l’incivisme, les traques et les menaces de mort contre les journalistes sur les réseaux sociaux

 

            Depuis les années 1990, l’incivisme a pris des proportions inquiétantes au Togo. Malgré les efforts déployés au quotidien par les autorités pour remettre les citoyens sur le chemin du civisme et du patriotisme, la tendance s’est encore accentuée avec l’avènement ces dernières années des réseaux sociaux qui sont des canaux très prisés aujourd’hui pour traquer, vilipender et proférer des menaces de morts contre des citoyens et en particulier contre les journalistes. Les dernières preuves en date sont les menaces de mort qui pèsent contre deux journalistes togolais, notamment Sam Djobo et Arimiyao Tchagnao, qui sont traqués pour leur opinion. Cette dérive vers laquelle tend la société, n’a pas laissé indifférents l’Université de Lomé, le Collectif des Jeunes pour le Développement (CJD) et l’Union des Ong du Togo (UONGTO), qui à travers un ambitieux projet dénommé « Do no harm », qui veut dire en français « Ne pas nuire », visent à développer au sein de la société des comportements fondés sur les principes du vivre ensemble au Togo. Au-delà de cette sensibilisation, les initiateurs du projet pensent aller plus loin en suscitant auprès du pouvoir un projet de loi qui réglemente l’usage des réseaux sociaux au Togo.

            Selon les partenaires du projet, l’incivisme au Togo se traduit généralement par  des violences et des actes de vandalisme, le rejet des institutions de l’Etat, l’indifférence des citoyens vis-à-vis de la chose publique, l’intolérance et l’agressivité, le non-respect des règles établies, de l’autorité publique et parentale et la perte des valeurs culturelles et patriotiques. « Do no harm », ont précisé les organisateurs, vise donc à contribuer au changement des comportements, attitudes et langages empreints de violence et de destruction au cours des revendications socioprofessionnelles et sociopolitiques. L’idée est de parvenir à un mieux vivre ensemble et une paix durable au Togo.

            Komlan Batawila, Président de l’Uongto, justifie la participation de son organisation par le fait que depuis vingt-huit ans, le Togo est en proie à un incivisme sans communes mesures. Pour Mme Kafui Kpegba, Vice-présidente de l’Université de Lomé, ce projet est d’une importance capitale et elle a promis le concours de son institution pour la formation d’un autre type de citoyen togolais.

            Pour atteindre les nobles objectifs que se sont fixés le CJD et ses partenaires, ils pensent mettre à contribution tous les acteurs de la société civile et l’assemblée nationale pour que celle-ci passe au vote une loi reglémentant l’usage des réseaux sociaux au Togo. Ils comptent aussi améliorer les capacités locales de mobilisation, d’élaboration et d’évaluation des réponses aux différentes causes de l’incivisme et de la violence. Et pour ce faire, aucune compétence ne sera négligée dans le processus de réussite de la campagne “Do no harm”. C’est dans cet ordre d’idée que seront mis à contribution des associations, des Ong, des syndicats, des groupes de jeunes, des mouvements d’étudiants, des médias, des organisations religieuses, des organisations féminines, des organisations à base communautaire et des chefs traditionnels.

            Ce projet, nous l’avons dit un peu plus haut, ne peut venir en meilleur moment, dans la mesure où le corps des journalistes fait l’objet de diverses menaces sur les réseaux sociaux. Dès qu’un journaliste donne son point de vue et qui ne semble pas épouser la ligne de l’autre camp, ce journaliste est livré à la vindicte populaire. C’est le cas actuellemnt des deux confrères Sam Djobo et Arimiyao Tchagnao, qui sont actuellement en déplacement à l’étranger et qui sont voués aux gémonies sur les réseaux sociaux. Ils sont recherchés jusque dans leur hôtel pour être lynchés par des quidams au sein de la diaspora et qui sont à la solde de l’opposition. Nous voulons remercier l’université de Lomé dirigée par le Professeur Dodzi Kokoroko et son équipe pour avoir accepté accompagner cette initiative. Le Collectif des Jeunes pour le Développement s’est lancé dans un processus que nous saluons à sa juste valeur. C’est pourquoi nous voulons inviter le sieur Kovi Adambounou et son staff à mettre tout en oeuvre pour faire pression sur le parlement pour que cette loi que nous appelons de tous nos voeux soit une réalité. Komlan Batawila et l’Uongto ne doivent pas non plus baisser les bras dans cette lutte contre l’incivisme auquel nous nous associons.

            Espérons que ce noble projet  “Do no harm” puisse porter tous ses fruits dans l’intérêt général de toute la société et dans l’intérêt particulier des hommes de médias.

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